Dans la nuit du 14 au 15 octobre, un torrent de boue a traversé Charlemagne emportant sur son passage la lingerie, l’infirmerie, inondant d’une eau marron et sale les couloirs du bâtiment G et le CDI, creusant sillon et crevasses dans le parc, soulevant le bitume à l’entrée des serres. Le spectacle au lever du jour était triste et dans les mémoires des premiers volontaires, le souvenir de 1999 revenait en surface.

Les serres sous les eaux

Et puis, petit à petit, chacun a trouvé de l’énergie, a saisi une raclette, un jet d’eau, une éponge pour que les locaux de Charlemagne retrouvent un visage normal et apaisé. De nouveaux bras se sont joints au mouvement, ceux d’enseignants, de personnels administratifs et techniques et même de retraités. Une équipe mise à disposition par la Région est arrivée sous les acclamations munie de la pompe à eau qui manquait. Le mardi, les cuisines ont été ouvertes pour offrir un repas aux volontaires. Entre temps, le CDI était à nouveau propre et accueillant, délesté certes d’ouvrages et d’ordinateurs noyés par la boue.

CDI inondation 2018 avantCDI inondations 2018 après

Pour masquer la tristesse de jeter dans la benne le contenu intégral de l’infirmerie, celui de bureaux dont les meubles avaient été enchevêtrés par la force de l’eau, et de toutes sortes de choses trouvées dans les couloirs et les locaux, pour gommer même cette tristesse, les rires fusaient entre deux inquiétudes pour les collègues dont nous n’avions pas de nouvelles, pour ceux aussi que nous savions sinistrés.

Au bout de deux jours, nous pouvions mesurer la force de la solidarité qui, en se serrant les coudes, avait réussi à amoindrir les manifestations dévastatrices d’une nature en furie.